L’Argentine et le Chili

L’Argentine et le Chili, dans la peau d’un Challenger Eden 520

Eliane et Jacques Thomassin, ou les “Totos”, ont passé près de deux ans sur les routes d’Amérique du Sud, parcourant ainsi l’Argentine, le Chili, le Pérou, l’Equateur et la Bolivie. Ils reviennent ici sur une partie de ce fabuleux périple. D’une manière étonnante qui plus est, puisque c’est « Ponpon », leur camping-car profilé Challenger EDEN 520, qui va vous narrer la belle aventure de ces deux jeunes retraités du Luberon (France) :

« Ponpon , c'est mon nom. Eliane m'a appelé comme cela car c'était aussi le nom du cheval qui faisait tourner le pétrin de la boulangerie familiale en 1804 et  partait livrer le pain dans les campagnes, mais ceci est une autre histoire. Aujourd'hui, me voilà sur les quais, au Havre, attendant d'être embarqué sur un cargo pour une traversée d'un mois en direction de Buenos Aires. Pour Eliane et Jacques, comme pour moi, l'aventure débute ici.

Challenger - cap sur Ushuaia

Premier bivouac en terre argentine

Port de Bueno Aires : Nous voilà enfin arrivés, après un mois de navigation et d’escales, hautes en couleur. Dire qu’il aura fallu 21 mois de préparation pour finalement débarquer sur ce continent. L’émotion est vive. Presque irréelle. Après un premier bain citadin dans Buenos Aires, nous nous lançons sur la fameuse route 3, belle et rectiligne. Rapidement, la pampa laisse sa place aux paysages de steppe. Et des milliers de vaches remplacent nos premiers guanacos (animal apparenté au lama, mais non domestiqué). La plage de Las Cantéras nous accueille pour quelques jours. Un premier bivouac des plus agréables. Le spectacle des baleines et de leur baleineau, à quelques mètres seulement de la plage, est on ne peut plus émouvant. Nous sommes littéralement  éblouis de les voir réaliser des poiriers majestueux, la queue hors de l'eau. Témoins indiscrets, nous écoutons le son guttural produit par leurs ébats amoureux dans le calme de la nuit.

Cap sur Ushuaia

Une centaine de kilomètres de piste plus tard, nous voilà dans un autre lieu, tout aussi fascinant : la Pointe Ninfas. Quillé au bord de la falaise, je regarde Eliane et Jacques, calés en bas, sur la plage de sable noir, en train de profiter du paysage, au milieu des éléphants de mer étalés de tout leur long. Et, comble de joie, les lions de mer sont aussi au rendez-vous!
Arc-bouté contre le vent de Patagonie, j’avale les kilomètres en direction d’Ushuaïa. Située sur l’archipel de la Terre de Feu (à l’extrême sud du pays), la ville est considérée comme la plus australe du monde. Elle s'étale tout en longueur, enserrée entre les monts Martial et Olivia et le canal de Beagle. Les yeux écarquillés, on se prend à imaginer les premiers navigateurs passant de l'océan Atlantique à l'océan Pacifique par ce même canal de 240 kilomètres de long, qui fait la jonction entre les deux océans. On se prend à rêver du cap Horn et de l'Antarctique, ces lointains horizons...A Ushuaia, nous retrouvons Marie et Xavier et leurs enfants, que nous avions croisé sur la route 3. Après avoir partagé quelques crêpes, nous reprenons ensemble notre remontée vers le nord, tantôt côté Chili, tantôt côté Argentine.

Au coeur de la Patagonie

Parlons du Chili d’ailleurs, ce drôle de pays ! Il s'étend tout en longueur sur 4300 km, délimité au nord par le Pérou. Avec une largeur d'à peine 180 Km, il est bordé d’un côté par l'océan Pacifique et d’un autre par les Andes qui le séparent de l'Argentine. Aussitôt, le Parc Torres del Paine s'impose à nous. Parc national depuis 1959, il couvre 242 000 hectares. Le paysage qui s’offre ici à nous est tout simplement grandiose.  Très divers, le décor se compose de steppes, forêts, montagnes et lacs d'une beauté exceptionnelle. Les amateurs de randonnée viennent des quatre coins du globe pour découvrir ce coin de Patagonie unique au monde.
Le spectaculaire glacier Perito Moreno
La frontière avec l'Argentine est proche et nous  rejoignons le parc national des glaciers, situé dans la province de Santa Cruz. Le Perito Moreno est le glacier le plus spectaculaire et le plus accessible également :Chose a priori étrange, il est vivant. Il bouge, se déplace grâce à l'eau qui coule sous le glacier. Il avance même de 2 mètres par jour dans son centre (700 mètres par an!) Parfois, il gronde et craque. Le bruit qui retentit évoque celui d’un coup de fusil. Des pans entiers de glace s'effondrent alors dans le lac en contrebas pour former des icebergs. Je suis vraiment fier de passer la nuit dans un décor aussi majestueux. Par la fenêtre de la couchette, j'offre à Eliane et Jacques une vue royale sur le glacier. Le must ! On quitte le lieu avec des regrets mais aussi, et surtout, des images inoubliables dans la tête. Je m'engage alors sur une piste que je partage avec des centaines et des centaines de lièvres. Ils fusent de toutes parts et je dois être très vigilant pour ne pas en écraser un. J'affronte le vent de face, tandis que mes compagnons gardent le silence. Je crois comprendre pourquoi: nous venons de dire adieu à Marie, Xavier et leurs enfants, qui sont partis dans une autre direction. Notre voyage est néanmoins loin d’être terminé et il reste encore tant à découvrir... Fier de vous avoir embarqués avec nous sur cette portion de route, nous vous disons à bientôt sur les routes de France ou du monde... »

Pour suivre les péripéties de la famille Thomassin, rendez-vous sur www.lestotosenvadrouille.fr